El-Oued en bref....
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VIREE A EL OUED / la ville aux mille souvenirs(18/05/2003)

Ahmed Nadjih, Abou Kacem Saâd Ellah, Ibrahim Miassi, Saâd El Amamra, Ali Aoun... sont des écrivains originaires de la région d’El Oued, à quelque 650 km seulement au sud-est d’Alger. Mais ils sont inconnus du grand public. Ils ont écrit, respectivement, Souf des oasis, Le Mouvement national algérien, Histoire de l’Algérie culturelle, Expansion du colonialisme français dans le Sud algérien, Batailles et événements de la guerre de libération...

on peut juste trouver leurs noms, quelquefois, sur une plaque commémorative... El Oued est aujourd’hui une ville qui s’efface. Menacée par le sable au sud, et par le progrès au nord, ses habitants ont tôt fait d’échanger leurs chameaux contre des voitures ; ils ont appris aussi à garder les murs au lieu de garder les palmiers, désormais gagnés par la remontée des sables. A El Oued, la ville perd ses couleurs de sable, «sur instructions de la wilaya», explique un taxieur de Souf. Les façades sont désormais peintes en un bleu clair, sale à la limite ; le parpaing, la brique remplacent les murs en argile, cependant que les nouvelles bâtisses gagnent en hauteur sur 3 à 4 niveaux. A El Oued, rien n’est plus jamais pareil. «Encore quelques années, et on ne reconnaîtra plus l’oasis qui a charmé Isabelle», confie Ali Kerbi, 50 ans. Isabelle est la jeune Eberhardt, écrivain suisse, qui a fait d’El Oued sa terre d’asile en 1901... A El Oued, c’est tout le fait culturel qui est remis en cause, voire renié. C’est à peine si on arrive à se procurer la dernière cassette d’El Gassem, ce jeune joueur de luth ; c’est à peine si on peut se procurer un objet traditionnel propre à la région dans les deux seuls magasins d’objets artisanaux de la ville. «Nous n’avons pas où nous rencontrer, explique Hadji Layadi, nous n’avons pas où nous produire.» Le même constat est fait par Ahmed Gueriche, artiste peintre, ou encore par son élève Bachir Ben Azziz. Hadji a 22 ans. Il est chanteur de raï. Accompagné des ses musiciens (au nombre de 4), il se produit dans les cabarets des hôtels de la région : le Palace et Lous. Il peut gagner jusqu’à 30 000 DA la soirée. Il anime aussi des mariages, sinon il attend les festivals... Hadji n’a pas fait d’études en musique. Il compte deux cassettes sur le marché. Leur enregistrement lui a coûté environ 35 000 DA chacune. Hadji importe son matériel de Tunisie. «On est sûr d’avoir le bon matériel, là bas», clame-t-il. «On peut avoir un orgue pour 120 000 DA, une sono pour 350 000 DA»...

Peinture sur sable

Ahmed Gueriche, lui, est sans doute le doyen des artistes d’El Oued. «Il est en tout cas le seul à être resté fidèle à son art», reconnaissent les habitants de la ville. Ahmed est retraité. Sa spécialité est la peinture sur sable. Accompagné de son élève, Ben Azziz à bord d’un 4x4 de location, il parcourt des jours durant le désert à la recherche de sable. Selon lui, il existerait 22 types de sable et autant de couleurs. A chaque arrêt, il recueille 3 ou 4 nouveaux types. La location de son véhicule lui revient à 6000 DA, mais il en profite pour faire le plein de sable (environ 500 kg), pour quelques mois de travail, dans des bouteilles en verre (d’un litre) et autres flacons. Ahmed fait plusieurs fois par année le trajet Ouargla-Hassi Messaoud-Illizi-Djanet-Port Gardel-Aïn M’guel. «Il n’y a qu’un seul sable qu’on n’a pas pu avoir encore, s’exclame-t-il, c’est celui de La Mecque.» Ahmed a l’art de marier ou de coucher les sables, les couleurs sur des toiles ou même dans des bouteilles. Sa sortie sur le terrain dure plusieurs semaines. «Seulement voilà, constate-t-il, il n’y a pas de touristes, les gens d’ici n’achètent pas mes œuvres. Qui achèterait un tableau à 1600 DA dans le Sud ?» Ahmed a déjà exposé en différents endroits du pays, mais son grand salut, sa fierté, dit-il, il les consacre à l’occasion de festivals culturels. Ahmed peut consacrer 2 à 3 journées de travail pour une toile. Bachir Ben Azza, lui, n’a que 23 ans. Mais il paraît en avoir plus. Lui aussi est artiste peintre, mais il fait aussi de la caricature, de la sculpture. «Les artistes, il y en a à El Oued, mais on ne s’intéresse pas à eux», se plaint-il. Bachir a été déjà primé plusieurs fois à Alger, Souk Ahras et Laghouat. «On n’a pas où exposer nos travaux», ajoute-t-il. Il ouvre une caisse métallique et en sort un nombre infini de pièces (peinture sur sable, formes suggestives réalisées avec de l’eau de Javel). Bachir compte plus d’une centaine de caricatures dans son coffre et plus de 400 tableaux (graphisme). «Mes pièces n’ont pas de prix, parce que je n’en vends pas, indique-t-il. On n’arrive pas à vendre.» Bachir exerce comme professeur de dessin et voudrait transmettre son art aux jeunes générations. «Mais ce n’est pas facile, comme vous devez le constater, on n’a aucune structure qui s’occupe de nous.» A El Oued, des associations comme Daouia ont offert un centre culturel aux jeunes Soufis pour exercer leur talent, mais ce n’est pas tout le monde qui en profite. La première commune se situe à quelques centaines de kilomètres...

Source:EL-WATAN


 

AVEC UNE ESTIMATION DE 280.000 TONNES DE DATTES : OUARGLA ET EL- OUED A PLEINS REGIMES !!! (02/01/2003)

Une production record de dattes est attendue cette année dans le sud-est du pays où les services agricoles prévoient une récolte qui devrait faire oublier celle des campagnes précédentes. En attendant la fin des campagnes dattières vers début janvier, les directions des services agricoles (DSA) des wilayas oasiennes de Ouargla et El-Oued, deux principaux producteurs de dattes du pays, font état de récoltes dépassant respectivement les 136.000 et 142.000 tonnes de dattes, toutes variétés confondues. Les conditions naturelles, très favorables cette année, aussi bien pour le développement du fruit que pour sa maturation, ainsi que la politique adoptée ces dernières années par les pouvoirs publics pour réhabiliter la phœniciculture, les programmes menés dans la lutte contre les maladies du palmier, et l’amélioration de plus en plus constatée dans la maîtrise des techniques agricoles modernes, ont ensemble contribué à accroître les rendements dattiers. Avec respectivement 1,7 et de 2,25 millions de palmiers dattiers, donnant une moyenne annuelle de 270.000 tonnes de dattes, dont près de 70% de variété supérieure Deglet-Nour, les wilayas de Ouargla et El-Oued sont non seulement les plus importants producteurs nationaux de dattes, mais affichent également leur intention de garder leur vocation économique essentiellement phoenicicole. L’un des objectifs affirmés est de passer du type des cultures dattières vivrières traditionnellement entretenues à un modèle de palmeraies gérées de façon moderne.
La phœniciculture, soutenue depuis plusieurs années par l’Etat, à travers, entre autres, le programme des grands travaux agricoles et celui d’appui à la relance économique, le Fonds de développement des régions du Sud, l’actuel Programme national de développement agricole (PNDA), bénéficie de toute l’attention voulue pour recouvrer sa place et s’imposer comme culture stratégique dans le paysage économique local et national.
Dans cette optique, un travail colossal a été entrepris cette année pour revivifier les palmeraies, les rajeunir, les entretenir et les traiter contre les maladies ravageuses, notamment le “bayoud” et le “boufaroua”.
En plus du traitement phytosanitaire qui a touché près de 1,5 million de palmiers, cette année a vu la plantation, dans le cadre du PNDA, de quelque 500.000 djebbars (plans de palmiers) sur une superficie globale de 5.000 hectares, équitablement répartis entre les deux wilayas.
Par ailleurs, la vallée de Oued-Righ, située au cœur des deux wilayas et où se concentre une grande partie de leur patrimoine phœnicicole, a fait l’objet d’un ambitieux programme d’aménagement couvrant une superficie globale de 3.680 hectares. Cette opération s’insère précisément dans le cadre de la stratégie de réhabilitation des anciennes palmeraies.

Source:EL-MOUDJAHID

 

 

La remontée des eaux à El-Oued : un phénomène qui dure depuis 30 ans
La solution, enfin ? (06/10/2002)

Si le manque d'eau au niveau des différentes wilayas du nord continue de préoccuper les esprits et mobiliser les grands moyens de l'Etat, à El-Oued par contre, l'abondance de cette richesse hydrique a causé des ennuis parfois même dramatiques à la culture phoénicicole. En effet la remontée des eaux a provoqué l'encroûtement du sol, qui à son tour, perturbe les activités biologiques du palmier et entraînant par-là une asphyxie des racines et une salinisation du terrain.
Cet état des choses a porté automatiquement un préjudice incommensurable à la croissance des plants. C'est ainsi donc que plusieurs milliers de palmiers dattiers ont dû subir en silence les effets ravageurs et mortels de cette remontée et cela depuis les années 70.
L'ampleur d'un tel phénomène ne sera décelée que vers les années 80 pour être réellement poser durant les années 90. Mais le problème ne sera pris véritablement en charge qu'aux débuts de l'an 2000.
Pour faire face à un tel phénomène naturel, les hautes instances du pays ont immédiatement réagit par la constitution d'une commission interministérielle sous autorité directe du chef du gouvernement, laquelle avait élaboré en étroite collaboration avec les autorités locales, un programme de réaménagement de canalisation et de drainage des eaux en attendant une solution définitive.
Dans ce cadre une entreprise nationale sera chargée du projet laquelle fera appel aux compétences d'un bureau d'étude suisse de renommée mondiale.
Toutefois lors de notre bref entretien avec M. Omar Hattab, wali d'El-Oued, tout diminuant de l'ampleur du phénomène, ce dernier nous a informé que le problème demeure toujours d'actualité et qu'aucune solution définitive n'a été trouvée pour le moment. Selon le chef de l'exécutif de la wilaya d'El-Oued, des discussions avec des entreprises étrangères spécialisées en la matière pourraient être engagées dans les prochains jours.
Il faut dire que la remontée des eaux dans la wilaya d'El-Oued n'est pas nouvelle mais bien ancienne. Cependant l'augmentation des besoins de la population en eau et l'extension de la ville ont quelques peu accentué le phénomène et accélérer l'ampleur des dégâts. Le drainage est certes une solution provisoire mais ne peut être définitive.
C'est aussi une opération qui nécessite de très grands investissements de la part de l'Etat.
Par ailleurs celle-ci doit être accompagnée par des actions des agriculteurs, gros consommateurs d'eau, en équipant leurs exploitations agricoles par le système de goutte à goutte qui leurs préservera non seulement leurs plants des eaux asphyxiantes mais également leur servira de moyen de drainage.
L'ensemble des responsables locaux qu'on a pu interroger n'ont pas manqué de manifester leurs inquiétudes face à un tel phénomène.

 

Source : EL-MOUDJAHID

 

 

Le chant À Oued Souf, Ahmed Toumi, un nom à retenir. (20/03/2002)

Ayant été fortement marqué dans le passé par le style de Rabah Driassa, le chanteur Soufi Ahmed Toumi, plus connu dans la région sous le nom de Beda Khous s'est consacré dès son jeune âge à perpétuer la chanson du terroir soufi. Issu d'une famille recélant des poètes et des musiciens, Beda s’initia dès son jeune âge à la zorna avant de se lancer, au début des années 70, dans l'animation des fêtes familiales et locales.
“À notre époque l'émission Alhan oua chabab n'était pas connue en raison de la faible couverture par la radio et la télévision nationale, ce qui a fait que la plupart des jeunes attirés par l'art musical se sont forgés eux-mêmes leur propre destin en s'initiant sur leurs chanteurs préférés”, dira t-il tout en soulignant que leurs participations aux fêtes locales et aux semaines culturelles à l'intérieur et à l'étranger leur ont permis de s'imposer sur la scène artistique. Depuis 1975, ce chanteur soufi, qui s'est investi dans le chant du terroir local, a obtenu plusieurs prix lors des différents festivals de la chanson organisés notamment à Annaba, Laghouat et même en Tunisie et en Libye.
Donnant ses impressions sur l'évolution de la chanson algérienne, notre interlocuteur, qui se dit conservateur de l'art traditionnel, estime que celle-ci a connu un grand élan quoique certains continuent de l'utiliser comme un moyen commercial et dont il réprouve l'idée, car dira-t-il l'art n'est autre qu'un message et un moyen d'éducation.
Interrogé sur son absence dans le petit écran, Ahmed Toumi rejette la responsabilité sur les concepteurs des programmes des émissions qui, dira-t-il, ne donnent pas la chance à chacun des artistes, contrairement à la radio locale qui a permis l'émergence de nouveaux talents.
“Nous sommes une cinquantaine de chanteurs à El-Oued, mais la plupart d'entre nous se sont fait connaître par les fêtes locales plutôt que par le petit écran”, avouera-t-il, avant de souligner que la plupart de ses chants n'ont pas un caractère sentimental comme c'est le cas pour d'autres chanteurs. Lui par contre a réussi à s'imposer sur la scène artistique en chantant la tendresse des mères, l'exode entre autres. Ayant réussi à s'imposer sur la scène artistique régionale en dépit de la présence de chanteurs de renom tels que Abdellah Menai, Mohamed Mahboub et Hacen Mehri, Ahmed Toumi a enregistré 24 albums et tout récemment son premier
C. D. réunissant les meilleures chansons locales de Souf.

 

 

Source:LIBERTE